Cimetières déjà traités:

Andelat
Arpajon
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Roannes-St-Mary
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Salsignac
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Ségur-les-Villas
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Siran
St-Martin-Cantalès
Thiézac
Vic-sur-Cère

 

Projet inter-associatif

Les cimetières cantaliens

Il fait si doux, ce soir ! Le langoureux été Caresse de fraîcheur les prés et les bruyères. Pâle, sur les monts bleus, voici le cimetière, Vivant fouillis de fleurs par des ailes hanté.
Camille Gandilhon Gens-d’Armes , Le cimetière sur la montagne

 

Ce projet est lancé conjointement par Cantal-Patrimoine et l’ADHRA (association pour le développement de l’histoire et de la recherche en Auvergne). Le but est de collecter le plus grand nombre d’informations et d’images sur les cimetières du Cantal. Des journées d’études et des publications pourront être envisagées à l’issue ou au cours de ce travail de collectage. Ce projet est ouvert à tous, et en particulier aux adhérents des deux associations dont la participation est essentielle. Chacun peut s’intéresser d’abord au cimetière de sa commune, puis à ceux des communes avoisinantes, ou encore à tout cimetière qu’il est amené à visiter au cours de ses pérégrinations. Les associations concernées, dans la Lettre de Cantal-Patrimoine notamment, rendront compte régulièrement de l’avancée des travaux pour éviter les doublons.

Les cimetières sont un thème de recherche intéressant à plus d’un titre. D’abord, ils sont l’un des derniers endroits publics facilement accessibles et leur étude ne nécessite pas de connaissances particulières très approfondies. Ensuite, ils témoignent d’une activité majeure de l’homme depuis que celui-ci s’est éveillé au sentiment religieux : le culte des morts, avec la spiritualité et les coutumes qui l’accompagnent. En ce sens, chacun est concerné. D’autre part, il est important d’envisager les cimetières autrement que comme un lieu de mort, où l’on ne se rend, et pour cause, que par obligation. Car les cimetières sont aussi l’expression des vivants qui veulent se souvenir des morts et leur témoigner une forme élevée de respect à travers, notamment, un art funéraire parfois extrêmement raffiné. Il importe donc d’insister sur l’absence complète de complaisance morbide dans ce projet, et de rappeler que les Anciens vivaient davantage au contact des morts sans en éprouver d’angoisse particulière (on a envie d’ajouter : au contraire). Les cimetières en effet jouxtaient systématiquement les églises paroissiales et se tenaient donc au centre des villages. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’ils furent rejetés en périphérie.

Que faut-il donc observer dans nos cimetières ?

On pourra d’abord s’intéresser particulièrement à la situation du cimetière : au centre du village, notamment pour les quelques chefs-lieux de paroisses qui ne sont pas devenus communes (Moissac de Neussargues ; Le Morle de Ruynes, etc.), et dans ce cas il est important de noter l’exposition du cimetière par rapport à l’église (au Nord ? au Sud ?) ; à l’extérieur du centre-bourg, pour la majorité, et alors on notera s’ils sont sur une route principale d’accès au village ou sur un chemin secondaire. Des recherches aux archives pourront indiquer la date, les raisons et le déroulement du transfert.

Dans un second temps, on tâchera de repérer les éléments originaux d’un cimetière traditionnel. Y a-t-il une croix centrale ? Celle-ci présente-t-elle une inscription ? Cette croix date-t-elle du transfert du cimetière ou est-elle plus ancienne ? Si oui, sait-on d’où elle provient ? Bien entendu, il sera peut-être difficile de répondre à toutes ces questions, mais il faut du moins songer à se les poser au cas où il serait possible d’y répondre. On s’intéressera ensuite aux tombes elles-mêmes, et d’abord aux plus anciennes. Certains cimetières conservent des pierres tombales du début du XIXe siècle, par exemple, généralement décorées et présentant des inscriptions. Il s’agira de photographier ces pierres et de relever, dans la mesure du possible, ces inscriptions, sauf si la photographie permet de les déchiffrer suffisamment. D’une manière générale, il faut photographier systématiquement tout ce qui échappe au banal au point de vue du décor, de la monumentalité ou des inscriptions. Une attention particulière peut être portée aux « mausolées », édicules souvent chargés de symboles et de références architecturales, dont certains sont de petits chefs-d’œuvre. Il sera intéressant de mesurer la part de néo-roman et de néo-gothique dans ces constructions, et d’établir la chronologie de ces influences (ce qui signifie qu’il ne faut pas oublier de noter la date). Autres tombes intéressantes, celles des curés, quelquefois ornées d’un décor évoquant sa fonction, du maire ou des notables, sans oublier celles d’éventuelles célébrités. Certaines tombes plus récentes peuvent présenter des décors originaux mettant en valeur la passion ou l’activité du mort. Ce ne sera pas lui manquer de respect, au contraire, que d’y accorder quelque attention.
Le contexte des cimetières a également toute son importance. Il peut être intéressant d’observer les portails, dont certains sont originaux ou d’une étonnante monumentalité. En outre, la date de construction du cimetière et le nom du maire de l’époque y figurent parfois. On se demandera également si le cimetière est orné d’arbres particuliers, comme les ifs par exemple, ou s’il subsiste une casemate qui pourrait accueillir encore un vieux corbillard (comme à Ruynes, au rez-de-chaussée du vieux clocher).

A proximité du cimetière ou non loin de la place du village ont pu être conservées ou remployées des pierres tombales anciennes (servant par exemple de degrés à un escalier, ou même de pierre d’appareil dans un mur). On notera soigneusement la présence de sarcophages en photographiant notamment la partie creusée afin de repérer un éventuel emplacement céphalique permettant une datation approximative. Ces derniers éléments peuvent se trouver assez loin des cimetières, y compris chez des particuliers dont l’accord est alors souhaitable en vue d’une publication.

Enfin, il est important de s’intéresser aux coutumes liées au culte des morts en général et qui peuvent encore être collectées auprès des personnes âgées (qu’il est urgent d’interroger !). Se souvient-on, par exemple, de légendes liées aux cimetières de « pestiférés » ou d’enfants morts sans baptême ? Les personnes assistant à la cérémonie funèbre portaient-ils une tenue spéciale ? A quel endroit le curé rejoignait-il le convoi funèbre ? S’arrêtait-on aux croix sur le trajet ? etc.

Comme on voit, ce projet touche à la fois à l’archéologie religieuse, à l’histoire, à l’histoire de l’art même (par le biais de l’art funéraire) et à l’ethnographie. Le but ici est d’inciter à aller y voir de plus près. Le caractère collectif du projet est donc essentiel, et son avancement dépendra du degré d’investissement de chacun.

Alors, bon travail à tous !

Orientation bibliographique :
Ouvrage général recommandé : Philippe Ariès, L'homme devant la mort, 2 vol., Points-Seuil.
Sur le Cantal :.
- Claude Grimmer, Histoire des rues d’Aurillac, Clermont-Ferrand, 2002 (notamment p.49-50). .
- Daniel Brugès, D’hier à Aujourd’hui, Neuvéglise, Aurillac, 2000 (notamment p.106-107). .
- Pierre Moulier, Croix de Haute-Auvergne, Nonette, 2003 (notamment p.16-20). .
- Pierre Moulier, « Traditions et croyances populaires en Haute-Auvergne, essai d’ethnographie du Cantal », in Patrimoine en Haute-Auvergne, n°2, septembre 2004, p.23-57 (notamment p.31-33)..
- Jean-Pierre Serre, « La translation des cimetières dans le Cantal au XIXe siècle », in Revue de la Haute-Auvergne, 1996, p. 31-60..
- Marc Déceneux, Daniel Mingant, La Bretagne des enclos et des calvaires, éd. Ouest-France, Rennes, 2001. .

Quelques sites internet : .
http://www.lescimetieres.com .
http://www.andrechabot.com .

Aide mémoire
- Situation du cimetière (dans le village, au nord ou au sud de l’église, à l’extérieur, près d’une route ? date du transfert ?)
- Présence, type et ancienneté de la croix centrale ?
- Tombes anciennes et originales, inscriptions, éléments de décor. Mausolées, tombes monumentales, sculptures curieuses, tombes de personnalités (curé, maire, célébrités)
- Portails et environnement (arbres, murs particuliers)
- Sarcophages
- Traditions, coutumes lors des inhumations, cimetières non officiels…

 

chapelle de Moissac, avec son cimetière accolé

 

 

vieux corbillard dans le clocher du cimetière de Ruynes

 

 

vieille pierre tombale avec inscriptions, cimetière de Cussac

 

 

exemple de tombe néogothique, cimetière de Ruynes

 

 

tombe monumentale d'un officier, cimetière de Vebret